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Article paru dans:

"maison & BOIS INTERNATIONAL"

N° 68 Déc 2005/Jan 2006

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Journal Ouest-France du lundi 9 janvier 2006
Edition : Bretagne - Rubriques : Région

Un rêve en bois à Saint-Laurent-sur-Oust et un 1er prix au Salon d'Angers
Longtemps, au village, la maison a fait jaser
Pour Henri David et son épouse, ce n'était pas gagné d'avance. Par bonheur, le courant est passé avec la mairie...

La maison bois construite par les David à Saint-Laurent-sur-Oust, c'est le rêve de toute une vie. Ni cabane de trappeurs, ni cube de bois, mais une vraie maison d'architecte, 1er prix au dernier Salon de la maison bois d'Angers. Longtemps, dans le village, la maison a fait jaser.

Henri David ne s'est pas contenté de rêver sa maison. Il l'a construite en mouillant sa chemise, en ralliant les plus sceptiques à sa cause. C'est l'histoire d'un coup de coeur, que ce quinquagénaire raconte avec les yeux rieurs d'un alpiniste qui aurait vaincu l'Éverest.
Henri David, c'est un sacré bonhomme, bouffé par une maladie de Parkinson qu'il combat avec une dignité remarquable. Pas du genre à s'écouter pleurnicher : « Il me fallait un projet pour occuper mon mental et mon physique ». Et quel projet !
Courant 2003, alors qu'il remonte l'Oust sur son bateau, il aperçoit cette prairie à flanc de coteau. Coup de foudre immédiat. C'est un trait de caractère chez lui. Henri rêve d'une maison. Il l'a déjà construite dans sa tête. Il l'imagine d'abord toute en métal, mais il va se décider pour du bois, parce que Jean-Yves Riaux, maître-charpentier, lui transmet sa passion. L'architecte sera le cabinet Alexandre Fave et Michaël Tanguy, de Rennes.
Le parcours d'obstacles commence : « Le terrain n'était pas constructible au départ. Je suis allé le voir la maire avec le plan et la maquette. » Démarche audacieuse dans ce coin de Morbihan rural, ce bourg de 311 habitants plutôt tranquille.
« J'ai été séduite, raconte la maire, Isabelle Michel. J'avais devant moi quelqu'un qui construisait un rêve, avec un projet respectueux de l'environnement. » Le courant passe : « J'ai dit oui. Le projet arrivait alors que nous étions en train de revoir le plan d'occupation des sols. » Pas si facile, parce qu'au début « dans le village, j'ai eu droit à des réflexions, confie l'élue locale. Des voisins ont eu peur que cette architecture dévalorise leur propriété ». On ne secoue pas indûment le cocotier dans une commune rurale !
Lumineux chaud, attachant
Top départ en 2005. Henri ne veut pas perdre une miette de la vie. La dalle de béton avec un vide sanitaire est coulée. Les poteaux en lamellé-collé sont érigés, sur lesquels repose toute la structure de la maison. Henri a choisi le douglas, « un bois de chez nous, très dur, imputrescible, qu'il n'est pas besoin de traiter ». Le toit sera en bacacier, une tôle en acier galvanisé, avec chauffage par le plafond grâce à du placo-watt. L'intérieur, sur 180 m2 a été conçu en espace ouvert, à l'image des David. Des baies vitrées, on plonge vers l'Oust, les landes de Lanvaux. C'est lumineux, chaud, attachant.
Cerise sur le gâteau : Henri laisse libre cours à sa passion du design et des beaux matériaux. « C'est pour cela que j'ai fait beaucoup de choses par moi-même : les économies que je réalisais, je les ai réinvesties dans mon amour des belles choses, comme du parquet amarante. » Depuis, les mentalités bougent : « J'ai vu sur la route des voitures ralentir, des gens prendre des photos », raconte l'heureux propriétaire. Les David et les riverains s'apprivoisent. Mieux : la maison a reçu le premier prix du jury au Salon de la maison bois d'Angers dans la catégorie « grands espaces », et le second prix du public. De quoi donner à Henri l'envie de continuer. Sa réponse à la maladie, c'est maintenant un projet de construction d'autres petites maisons bois sur son terrain de Saint-Laurent. Le rêve continue.
Éric de GRANDMAISON.

 

Journal Ouest-France du mercredi 11 mai 2005
Edition : Redon - Rubriques : Départementale 56

Un couple de Saint-Laurent-sur-Oust (56) bâtit sa maison de ses mains
Un home sweet home tout en bois breton
Henri et Martine David devant la maison en bois de leurs rêves qu'ils construisent de leurs mains

La semaine du bois démarre ce mercredi. Dans le Morbihan, elle se traduit par une quinzaine de manifestations. Visites d'entreprises, animations forestières, portes ouvertes, etc. La maison de Martine et de Henri sera ouverte à des lycéens. À Saint-Laurent-sur-Oust, ils construisent de leurs mains un home sweet home tout en bois breton.

« Le patron, c'est moi. Pas ma maladie. » Henri David, 56 printemps alertement porté, est un sacré bonhomme. La maladie de Parkinson, dont il est atteint depuis ses 30 ans, n'a jamais empêché cet ancien cadre supérieur d'une entreprise de travaux publics de sillonner la France et le monde.
Depuis neuf mois - le temps d'une gestation - lui et son épouse Martine se sont lancés dans l'aventure de leur vie. Ils construisent leur maison, et pas n'importe laquelle, « toute en bois breton. Il y a deux ans, alors que l'on remontait le canal de Nantes à Brest, nous avons traversé Saint-Laurent-sur-Oust. Le coin m'a inspiré. Je cherchais un terrain de 1 000 m2. J'en ai acheté 15 000 m2. »
« Une maison à mon image »
Le couple est tombé en amour de l'endroit. On peut le comprendre. En contrebas, à flanc de vallée, l'Oust semble glisser entre deux coulées de verdure. Seuls osent troubler ces lieux, le chant de coqs et quelques oiseaux bavards. « Je n'étais pas trop bricoleur. Je ne prenais pas le temps non plus et laissais cela aux autres, explique Henri. Là, avec mon épouse, je me suis occupé de la voirie, de l'assainissement, du terrassement. Je revis de travailler de mes mains, même si, à cause de ma maladie, il m'arrive de tomber vingt-cinq fois par jour quand je bricole debout. »
Leur maison, tout de pin maritime et de douglas (un résineux choisi pour sa solidité) est à elle seule une invitation à la détente. De larges baies vitrées laissent généreusement pénétrer la lumière du jour. Elle baigne de sa clarté leurs 100 m2 de salon, loft à lui tout seul qui court jusqu'à une belle cuisine américaine en passe d'être achevée.
« Je voulais une maison lumineuse et de plain-pied et sans couloir. Une maison qui me rappelle mes voyages. Une maison à mon image, où l'on se sente bien. » D'inspiration australienne par l'architecture extérieure, Henri a dérogé - dans ce même esprit exotique - à sa sacro-sainte volonté de n'utiliser que des résineux bretons. « Je me suis offert une petite folie. Une partie du parquet est en bois exotique. »
La scierie de Jean Année à Saint-Martin-sur-Oust est située à un jet de roue du 4X4 de Henri. L'engin avec lequel il transporte le bois qui lui sert à construire sa maison. « Si on m'avait dit il y a 35 ans quand j'ai commencé qu'on allait faire des maisons en bois... constate Jean Année. Avant, on ne savait faire que des palettes. »
Ce patron qui connaît son affaire est sûr d'une chose : les maisons en bois ont de l'avenir.
Mikaël PICHARD.

 

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